Jennifer Lawrence, ménagère joyeuse dans Joy : « Quoi qu’il arrive, je volerai toujours en jet privé ! »

« Poussez-vous bande de flocons ! Joy arrive »

 

Première parution : Metro Belgique – 13 janvier 2016

LONDRES – Blonde, Américaine et issue d’un milieu modeste, ses débuts furent difficiles mais aujourd’hui, avec le succès à ses côtés, cette femme déterminée et pleine d’humour est une tornade que rien n’arrête. De qui s’agit-il ? Joy Mangano ou Jennifer Lawrence ? Les deux, mon capitaine. La première une businesswoman accomplie, la seconde est l’actrice chérie d’Hollywood. Inspiré du parcours de la première, et incarné avec brio par la seconde, le superbe nouveau film de David O. Russell (‘Happiness Therapy’) est un hommage vibrant à deux femmes exceptionnelles.

 

Pourquoi avoir voulu faire un film sur cette femme ? L’avez-vous rencontrée ?

« JENNIFER LAWRENCE : C’est une proposition de film qui nous a été faite à David et à moi, ensemble. Il n’aurait pas fait le film sans moi, et je n’aurais pas fait le film sans lui. C’était une histoire vraiment singulière, à la fois banale et extraordinaire, très différente de ce qu’on a pu faire ensemble jusqu’ici. Et oui, je voulais vraiment la rencontrer. Durant l’écriture du film, avec David on a été la voir à New York. Je me suis assise entre eux deux, et je les ai juste écoutés se parler. Je sens que j’ai beaucoup appris d’elle, et qu’elle m’a beaucoup inspirée. »

Vous êtes-vous reconnue dans Joy ?

« Oui, absolument. Je comprends tout à fait ce que c’est d’avoir un rêve, et de ne pas savoir s’il va se réaliser. Et d’être par moments la seule à y croire, la seule à croire en soi. Et même quand le succès arrive, c’est quelque chose de merveilleux, mais ça peut aussi rendre très seul. Donc oui, il y a des choses qu’elle a vécues qui me parlent, définitivement. »

Dans le film, on voit que malgré les épreuves, Joy a quelqu’un qui croit en elle quoi qu’il arrive : sa grand-mère. Avez-vous aussi eu quelqu’un comme cela ?

« Oui : ma mère. Je ne serais pas ici si elle n’avait pas fait l’énorme sacrifice de laisser sa fille de 14 ans partir seule tenter sa chance à New York. C’était une période un peu folle de ma vie, mais elle a vu à quel point ça me rendait heureuse, donc elle m’a fait confiance, elle a cru en moi. Et à l’époque, c’était la seule. »

‘Joy’ est aussi un film sur l’intégrité. Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez été dû choisir entre rester intègre ou vendre votre peau ? Et si oui, qu’avez-vous fait ? 

« (Hésite). En fait, je suis en quelque sorte en train de vivre ça en ce moment, donc je ne sais pas quoi vous répondre. (Silence). Pas avec vous, hein, je vous rassure (rires) ! (On devine qu’elle parle de la saga Hunger Games qui vient de s’achever, NDLR) »

Née dans le Kentucky il y a tout juste 25 ans, vous avez déjà un Oscar, et êtes aujourd’hui une des actrices chéries d’Hollywood. Tout ce glamour, les jets privés, les tapis rouges, ça vous a changée ?

« Ouais, j’adore ça (rires). Non, ça n’a pas changé la personne que je suis au fond de moi. Pouvoir voyager confortablement, c’est un luxe, certes, mais ce n’est pas quelque chose qui change votre âme ! C’est compliqué de parler de soi, vous savez, ces cinq dernières années, je grandis sous les feux des projecteurs en quelque sorte : presque tout ce que je dis ou fais est enregistré, d’une façon ou d’une autre. Et j’imagine je changerai probablement dans ma vie… Mais quoi qu’il arrive, je vous jure, je volerai toujours, toujours en jet privé (rires). »

Vous avez dit avoir appris beaucoup en travaillant avec David O. Russell, qui vous a dirigée dans ‘Happiness Therapy’, ‘American Bluff’ et maintenant ‘Joy’….

« Oh, j’ai menti. (Rires). En vérité, hormis ma famille, David est la relation la plus importante de ma vie. Parce qu’il fait partie de cette partie de mon cœur qui appartient au cinéma, et au jeu. Et cette partie doit et devra toujours beaucoup à David. Parce que je n’ai jamais autant admiré quelqu’un que lui en le voyant faire un film. Parce que quand il travaille, c’est un honneur de le voir à l’œuvre, et de voir ses films. Et aussi parce que, dans les performances qu’il arrive à tirer de moi, il m’apprend et me montre des choses sur moi-même. Des choses que je n’aurais pas pu découvrir seule. »

Chose assez rare et rafraîchissante pour un premier rôle féminin au cinéma : Joy n’a pas d’intrigue amoureuse. Le film ne cherche pas à lui trouver à tout prix un prince charmant…

« Oui, c’est le premier film que je vois, d’aussi loin que je me souvienne, avec une héroïne sans intrigue amoureuse. Je ne sais pas si ça m’est déjà arrivé de recevoir un scénario comme ça. Je ne pense pas ! »

Êtes-vous contente que cela change, grâce à des films comme ceux de David O. Russell ?

« Oui, je suis très contente que ça change. Ça contribue à affaiblir cette idée selon laquelle il y a une différence entre un premier rôle masculin et féminin. »

Quelle est votre force motrice ? 

« La passion pour ce que je fais, la curiosité pour tout. Le désir de continuer à apprendre. »

 

EN QUELQUES MOTS…

A quoi tient la magie d’une vie ? Qu’est-ce qui pousse une personne à toujours se relever, malgré les raclées que lui assène l’existence ? Pour Joy Mangano, mère au foyer coincée entre une famille chaotique, un mariage raté et des dettes à n’en plus finir, la vie aurait pu être une suite de déceptions. Jusqu’au jour où cette italo-américaine décida d’écouter la voix de la petite fille en elle, et d’exploiter le talent qu’elle gardait sous scellé depuis l’enfance. Comme quoi, pour passer de ménagère dépassée à entrepreneuse richissime, pas besoin de superpouvoirs : parfois il suffit juste d’une bonne idée. Celle du balai vapeur ‘Miracle Mop’, par exemple. Ou des cintres en tissu. Des choses triviales, mais desquelles peut naître la magie. C’est là le message du film de David O. Russell (‘The Fighter’), dont le cinéma est émaillé de héros ‘comme les autres’ qui finissent par se surpasser. Tant dans le fond que dans la forme, ‘Joy’ est une ode au dépassement de soi et au saut dans le vide : énergique et colorée, la mise en scène fait voleter la caméra autour de Jennifer Lawrence, étincelante dans le rôle-titre, tandis qu’on la suit de l’enfance à la cinquantaine, entre échecs et réussites. Amours, amis, déceptions, rires, rencontres inattendues et musique vivace, tout cela se mêle et forme une joyeuse danse autour du parcours de cette femme inspirée et hautement inspirante. Un film férocement joyeux, duquel on sort l’œil brillant et l’esprit regonflé à bloc.

 

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