De Gaza à Cannes : l’hommage de Sepideh Farsi à Fatma Hassona

La critique

(paru sur FrenchMania – journal de bord cannois)

Put your soul on your hand and walk raconte la rencontre entre deux femmes par écrans interposés. L’une s’appelle Sepideh, l’autre Fatma. La première est iranienne, réalisatrice, et vit à Paris. La seconde est une photojournaliste palestinienne de Gaza. Un monde les sépare, mais il y a des points communs entre leurs histoires. Dans le rapport aux frontières, et aux guerres. Dans la lutte et la résistance par l’image aussi, via la photo, ou le cinéma. Leurs existences sont politiques, à leurs corps défendants : Fatma ne peut pas quitter Gaza, et Sepideh ne peut pas rentrer en Iran. Entre avril 2024 et mai 2025, elles échangent autant que leur permet la connexion internet erratique d’une bande de Gaza assiégée et bombardée. Sepideh filme leurs discussions sur l’écran de son téléphone, tandis que Fatma raconte la vie sous les gravats, la circulation entre les snipers sur les toits, et la vie sous l’occupation. « Tu as peur, mais tu mets ton âme dans ta main, et tu marches. » Entre les images pixellisées des appels vidéo, les photos prises par Fatma envahissent l’écran : des respirations nécessaires et précieuses, sublimes et terribles. Le 16 avril 2025, après un an d’échanges, et au lendemain de l’annonce de la sélection du film à Cannes, Fatma et presque toute sa famille ont été tués par une frappe israélienne qui a visé leur maison. Une frappe délibérée – rappelons qu’à ce jour, dans ce génocide, plus de 200 journalistes ont été assassinés. Le film prend un tout autre sens avec ce décès. Il devient un film-document, un film-testament, un film-femmage. Il reste le sourire de Fatma sur l’écran, un sourire éclatant, persistant, insensé et salvateur. Dans sa vie comme après, elle est la résilience incarnée. « Celui qui n’a rien à perdre n’a plus peur de rien ». Un film de résistance par le lien, de l’Iran à la Palestine, et pour le monde entier.

SORTIE AU CINEMA EN BELGIQUE & EN FRANCE : 24.09.2025 // GRECE : TBC

La bande-annonce

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Rencontre avec Sepideh Farsi

Pouvez-vous raconter votre rencontre avec Fatma ?

Le 7 octobre 2023, j’étais en tournée promotionnelle pour La Sirène, un film d’animation que j’ai réalisé sur la guerre Irak-Iran. Dans les mois qui ont suivi, j’ai enchaîné les voyages pour montrer mon film un peu partout. C’était étrange de présenter un film de résilience contre la guerre, alors que les yeux étaient braqués sur la guerre en Ukraine… Au fil de mes voyages, et au hasard des images que je vois à la télévision, dans les hôtels des villes où je me trouve, je vois que partout, il est question de ce conflit (à Gaza NDLR), mais que les Palestiniens ne sont pas là. On parle d’eux en chiffres, en statistiques, on dit tel endroit a été bombardé, tant de personnes sont mortes ou blessées… Mais la parole ne leur est pas donnée. Et ça commence vraiment à me déranger. Alors un jour, en rentrant à Paris (où elle vit, NDLR) après un voyage, je me suis dit, j’achète un billet et je pars. J’ai juste pris mes appareils d’enregistrement, et je suis partie en Egypte, pour essayer de rejoindre Gaza (par la frontière, NDLR). Mais c’était mission impossible. Du coup je suis restée au Caire, où j’ai été hébergée par une famille palestinienne qui venait de quitter Gaza. L’un des jeunes de cette famille m’a parlé de Fatma. Il m’a dit « J’ai une amie très douée, elle est photographe et journaliste, et elle vit encore au Nord de Gaza. Tu devrais la rencontrer ». Du coup il nous a mis en contact, et deux heures après, on faisait ce premier appel, qu’on voit au début du film. Ça a commencé comme ça. 

Qu’est-ce qui vous a attiré chez Fatma ?

D’abord, avant même de voir ses photos, c’est une énergie qui émanait d’elle. Son sourire, son regard, son foulard rose – elle a une sorte de lumière, quelque chose d’iconique. Elle a cette façon d’être à l’écoute, et en même temps elle est très fière – déjà dans ce premier appel qu’on fait ensemble, elle dit des phrases qu’on retient toute sa vie : « Ils ne peuvent pas nous vaincre, on n’a rien à perdre. » « Tu te sens comment en tant que Palestinienne à Gaza ? – Je suis fière. » Et puis elle dit « Tout ce que Dieu fait est pour une raison » – et là je lui rentre un peu dedans en disant que je ne suis pas d’accord (rire). Mais elle était comme ça. Ce qui est fou, c’est que depuis sa mort, je vois dans le film des signes que je ne voyais pas avant. Pourtant je le connais par cœur, je l’ai filmé, monté, remonté… Et à part le petit addendum à la fin (suite au décès de Fatma, NDLR), le reste n’a pas bougé. Mais j’y déchiffre autre chose – dans ses poèmes, dans certaines de ses phrases… Je pense très fort à son texte, L’Homme qui portait ses yeux, quand elle dit « Ma mort m’a traversée… » Elle l’avait écrit l’année dernière. J’ai l’impression qu’elle était dans une sorte de posture, comme elle écrit dans son texte, de Saint Poète – c’est marrant parce qu’en Arabe, elle l’écrit au masculin… Son poème est vraiment prémonitoire. On n’en parlait jamais directement, mais c’est comme si elle était en train de se préparer. Evidemment, ce sont des interprétations, à la lumière de ce qui lui est arrivé.

Un élément fort dans le film, c’est le rapport entre vos deux situations : Fatma est « en prison » à Gaza où elle ne peut pas sortir, et vous êtes en exil loin de votre pays… Vos parcours s’opposent ou se rejoignent, à plusieurs endroits. 

Oui, dans mon parcours, effectivement, on était aux antipodes, en termes de liberté de mouvement. Elle était coincée à Gaza, et moi je peux voyager pratiquement partout… sauf en Iran. Ou si j’y vais, je ne pourrai pas en sortir. Un autre endroit, c’est celui de la religion : elle était profondément croyante, moi pas du tout, et on en parlait ouvertement. Mais on avait aussi des choses en commun : on est toutes les deux nées dans des pays musulmans, et on a grandi dans une famille et culture musulmanes. Ce qui nous rapprochait aussi, c’est une ouverture sur le monde, une curiosité… Le rapport à l’image bien sûr, puisqu’elle faisait de la photo, et moi des films… Et aussi, peut-être pas de l’activisme en soi, mais disons une soif de justice, au sens large. La liberté en Iran, en Palestine, mais aussi la question kurde, ce sont des causes importantes pour moi, et je crois que ça nous reliait, car Fatma était aussi comme ça. C’était quelqu’un qui ne pouvait pas « juste » vivre le quotidien. J’étais étonnée de voir qu’à son jeune âge, elle avait ce sens aigu de responsabilité historique. De se dire, je vais documenter la guerre pour l’Histoire, pour que ça reste, pour mes enfants…

« On ne peut pas faire connaissance avec quelqu’un en accéléré »

Le temps du cinéma est différent du temps de l’actualité. Faire un film prend des mois, mais la situation à Gaza appelle à l’urgence d’agir.  En tant que cinéaste, comment avez-vous géré cet aspect temporel ?

C’est vrai que j’avais ce souci quand on a commencé le film. Le tournage a débuté en mars 2024, et déjà en mai, j’ai envoyé quelques minutes du film à Some Strings, une collection de courts-métrages pour la Palestine par plus de 100 artistes (présentée au FID Marseille, et diffusée ensuite dans plus de 50 pays, dont la Belgique, au Cinéma Galeries à Bruxelles à l’été 2024, NDLR). J’ai envoyé quelques bouts du film, comme geste de contribution pour la Palestine. J’ai très vite eu le sentiment que je devais rapidement faire quelque chose avec ce film. Qu’il y avait urgence. J’envisageais de finir une première version pour le Festival de Venise (qui a lieu fin août NDLR), mais la deadline était trop proche… Tout du long, j’étais confrontée à ce paradoxe temporel. Et puis à un moment, je me suis résignée. On ne peut pas faire connaissance avec quelqu’un en accéléré. Il faut des mois de tournage, puis des mois de montage pour trouver la forme finale du film… Donc oui ça clashe avec le temps journalistique, où on doit sortir un reportage le plus vite possible. C’est un tout autre rythme, tempo, réflexion. J’ai accepté que ça devait prendre son temps. A la fin de l’été 2024, j’ai décidé de tout reprendre. La première version du film durait 4 heures. Ensuite 3 heures… Et enfin environ 2 heures, qui est la version finale actuelle. J’y ai travaillé jusque début 2025, et je pense que c’était nécessaire. D’un côté je me sentais mal parce qu’il y a urgence, mais de l’autre, je sais que ça fait partie du processus. 

Le 15 avril 2025, le Festival de Cannes annonçait que le film était sélectionné pour son édition de mai, à l’ACID. Le lendemain, Fatma est assassinée par un missile israélien, avec 9 membres de sa famille. Peut-on parler d’assassinat ciblé ? Le rapport détaillé de Forensic Architecture va dans ce sens. Israël est connu pour viser des journalistes par ailleurs…

Dans les jours qui ont suivi, certains médias ont dit bombe israélienne, attaque, raid… différents termes ont été employés, et beaucoup de choses ont été dites sans même que je sois consultée, vu que l’info était publique. Dans un second temps, on a parlé de missiles. On a fini par savoir que ce sont 2 missiles qui ont visé l’étage. Quand les détails ont commencé à sortir, l’armée israélienne a dit « On a visé un membre du Hamas ». Employer le terme viser, ça veut dire donc que c’est une attaque ciblée. Sauf qu’ils n’ont pas dit que c’était elle qui était visée. Le Monde a repris cela. Ensuite l’armée Israélienne a été interrogée, un peu plus tard je crois, par plusieurs médias, pour savoir de quel membre du Hamas il s’agissait et s’il avait été touché. « Donnez-nous le nom ». Parce que les noms des morts (de cette attaque NDLR), on les connait. Ils n’ont pas réagi. Des mois plus tard, en mai 2025, Forensic Architecture (agence de recherche londonienne NDLR) publie son rapport de 15 pages, bien documenté, avec les analyses d’images, les analyses balistiques et le schéma de l’appartement qu’ils ont reçu de la famille Hassouna montrant où chacun dormait. Les images montrent la déformation du béton, la façon dont l’étage a été rasé, et que les autres étages sont intacts. La conclusion est que c’est un drone qui a lancé 2 missiles de précision, équipés de têtes à modélisation 3D GPS, qui traversent les étages et sont programmés pour exploser à un endroit précis. Et ils ont explosé à l’étage où habitait la famille Hassona, et ont rasé tout l’étage. Ce modus operandi a déjà été utilisé au Liban pour tuer d’autres journalistes. Il n’y a pas de doute. Ou alors on met tout en doute ! Mais le rapport est tellement précis, et on connaît le sérieux de Forensic Architecture. Moi je me base sur le rapport en tout cas. Est-ce que c’est lié à la sélection du film à Cannes, où au fait que Fatma était photojournaliste, ou les deux… ? Ca je ne le sais pas. Il n’y a que les Israéliens qui peuvent savoir pourquoi.

Vous ne vous êtes pas dit, si seulement je n’avais pas fait ce film…

Bien sûr que je me le dis, tous les jours. 

Evidemment ce n’est pas votre faute, c’est celle d’Israël, mais je peux imaginer que cela vous passe par la tête…

Oui, j’y pense bien entendu. Et après je me dis aussi l’inverse : si je n’avais pas fait le film, et que ça lui était arrivé, il n’y aurait même pas eu ces images, son histoire n’aurait pas été entendue. Selon les heures, je me pose des questions différentes. Si je n’avais pas fait le film, ou si je l’avais fait mais qu’il n’avait pas été sélectionné à Cannes… Et si elle était là… Différents scénarios, je n’arrête pas d’y penser.

De sa famille, qui a survécu ?

Sa mère, et deux de ses frères qui se trouvent au Caire pour des raisons de traitement médical. L’un d’eux était parti depuis avant la guerre, avec un autre frère qui s’occupe de lui. Mais parmi les membres de la famille présents dans l’appartement, seule la mère a survécu. 

Vous avez parlé avec elle ?

Oui. C’est une femme d’une force incroyable. Je lui ai demandé si elle voulait quitter Gaza, elle a dit non. Je lui ai demandé deux fois, une fois par l’intermédiaire de son ami, l’autre fois directement. « Non, je veux rester là. Je veux reconstruire ma maison. »

Elle sait qu’elle aussi, si elle part, elle ne pourra pas revenir.

Oui, bien sûr. C’est le cas de beaucoup de Palestiniens, qui ne veulent pas partir car depuis 1948 pratiquement personne n’a jamais pu revenir après un départ. Quand ils partent, c’est pour toujours.

Le Festival de Cannes a annoncé la projection de 3 films sur l’Ukraine (dont celui de BHL, LOL). Pensez que le Festival donne autant de crédit à ce qui se passe en Ukraine qu’à ce qui se passe en Palestine ?

Non, je ne crois pas. Mais c’est le monde, en général, qui ne donne pas la même place. J’ai l’impression qu’on vit dans un monde où toutes les vies ne se valent pas, pour le dire simplement. Déjà, entre Palestine et Israël c’est le cas : un otage israélien vaut combien, 150, 300 vies, selon l’importance de la personne en face, ou ce qu’Israël accorde comme importance. Déjà que c’est un marché terrible – je suis contre le fait de prendre des otages, c’est condamnable. Je soutiens la cause Ukrainienne, mais l’importance que donne le monde à ce conflit, par rapport à ce qui se passe à Gaza, mais aussi en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est : fermeture des écoles, enfants expulsés, confiscation ou incendie des registres publics par Israël ce qui fait qu’on ne sait plus à qui appartiennent les terres… et ça, ça ne fait ni chaud ni froid, je ne l’ai lu dans aucun journal, je l’ai appris sur les réseaux sociaux. La plupart de mes nouvelles, je les prends sur Instagram, et il y a un vrai problème. Si la même chose se passait en Ukraine, ça aurait fait plus de bruit, ça aurait attiré l’attention. C’est la même chose pour les festivals. Tant mieux pour les Ukrainiens, je ne dis pas le contraire, mais il aurait fallu faire plus pour les Palestiniens, c’est surtout ça.

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Que pensez-vous du fait que Juliette Binoche a cité un extrait du poème de Fatma lors de la cérémonie d’ouverture de Cannes, ça vous a fait plaisir ?

« Plaisir » je ne sais pas, c’est pas le bon mot. Mais j’espère que ça a fait plaisir à Fatma. Evidemment c’est une attention particulière qu’elle a porté à Fatma et sa mort brutale. Mais dire « disparue » sans citer qui l’a tuée… Ce n’est pas assez précis. Je pense qu’il y a quelques mots qui manquaient. Peut-être que c’était pas possible, je ne sais pas.

Je me demande dans quelle mesure le contexte cannois contribue à ce manque de mots…

C’est ça oui, c’est protocolaire, quadrillé, elle a dû subir beaucoup de…

Si c’était la Russie… Ce serait plus simple ?

Pour d’autres pays c’est possible, Zelensky a été invité à Cannes – et tant mieux d’ailleurs. Mais pour d’autres conflits, pour le conflit syrien, le mouvement Femme vie liberté en Iran, il y a eu beaucoup plus de prises de parole, de compassion… On va dire ça comme ça : il y a des prises de position politiques qui coûtent plus cher que d’autres. Il y a des prises de position et des actes de sympathie qui sont très faciles. C’est bien d’avoir les gens avec nous, mais je veux dire, se couper une mèche de cheveux en solidarité avec les femmes iraniennes, c’est très bien, c’est très fort. Mais ça ne demande pas énormément de courage. Prendre position pour les Palestiniens aujourd’hui, ça demande plus de courage je pense, car malheureusement, il y a un amalgame qui a été fait, qui rend cette prise de position équivalente de l’antisémitisme – ce qui n’est absolument pas mon cas, je le dis et je le redis. Il faut effacer cet amalgame qui fait beaucoup de mal à beaucoup de gens. Et du coup plein de gens qui voudraient s’engager ont peur, craignent des représailles médiatiques… et n’osent pas. C’est dommage.

Vous vivez en France : il me semble que Macron a dit qu’en juin prochain il va reconnaître l’État Palestinien ?

Vous l’avez dit : « il semble que », tout est dans le conditionnel… Et d’ailleurs il a dit « à condition que les États qui ne reconnaissent pas Israël reconnaissent Israël » ça fait beaucoup de conditions… Donc on verra bien. (NB : Emmanuel Macron a reconnu l’Etat Palestinien à l’ONU le 23 septembre 2025, soit 4 mois après cette interview)

Vous avez dit que ce film se veut l’expression intime et subjective de ce qui se passe à Gaza, en contraste avec les chiffres des médias qui déshumanisent. A l’instar de certains livre, c’est comme si ce genre de documentaires avaient une visée cinématographique et en même temps journalistique. C’est la seule façon de connaitre l’aspect intime de ce genre de conflit. Qu’en pensez-vous, en tant qu’artiste, sentez-vous ce devoir d’agir, et d’interagir avec le monde de cette manière ?

Vaste question. On en a parlé dans la question de la sélection du film à Cannes – comment les festivals montrent leur solidarité ou pas via les films qu’ils sélectionnent. Dans la compétition cette année, il y a deux films iraniens : celui de Saeed Roustaee Les Aigles de la République, et Un Simple accident de Jafar Panahi, et cela a donné lieu à eu aussi une controverse : un groupe de réalisateurs iraniens vivant en Iran ont envoyé un texte au Festival, en disant qu’après le mouvement Femme Vie Liberté, comment peut-on programmer un film avec le voile obligatoire et avec toutes les permissions du régime ? « Quelle image de l’Iran voulez-vous montrer ? » (A propos du film de Roustaee, questionné par Le Monde à ce sujet, NDLR). Et Cannes a déclaré ne « pas faire de politique ». Alors qu’en ouverture il y a trois films sur l’Ukraine, deux films Iraniens, le mien… Mais on ne fait pas de politique, OK (rires). Pour répondre à votre question, encore une fois, c’est une question d’honnêteté, d’opportunisme… et de courage politique. Bien sûr, c’est aussi un choix personnel, dans le sens où, tous les cinéastes ne peuvent faire des films sur des sujets politiques. Dans mon cas, c’est un film très politique mais en même temps, pas du tout. Parfois certains films d’apparence « apolitique » sont très politiques. Et parfois c’est l’inverse. Vous pouvez faire un film d’apparence très politique, par exemple, sur les femmes kurdes se battant à Kobané : il y en a eu quelques-uns, et désolée de le dire, mais ils étaient mauvais. Ils sont censés être hautement politiques, et pourtant ils ne le sont pas du tout. C’est un prétexte, des apparences trompeuses. Donc ça ne veut pas dire que si le sujet est éminemment politique, le film l’est aussi. La politique est dans l‘essence du film. Bien sûr, Godard est parmi ceux qui ont fait des films avec un commentaire politique, direct ou indirect. Mais beaucoup de cinéastes ne sont pas à l’aise avec ça – spécialement les Français (rire) ! Bon, je ne veux pas généraliser. Ce que je veux dire, c’est que l’aspect politique d’un film est parfois caché, pas visible à la surface. Et parfois les films qui se veulent politiques ne le sont pas.

portrait post-interview, Cannes 2025.

VISUELS : Imagine Film Distribution.


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