Benedict Cumberbatch sous la cape du Docteur Strange : « Votre esprit a le pouvoir de transformer votre réalité »

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La petite photo de derrière les fagots

Première publication : Metro Belgique – 28 octobre 2016.

Quand il n’est pas au théâtre à jouer Hamlet, il est sur la BBC pour incarner Sherlock Holmes. Et quand il n’est pas sur la BBC, il s’engage dans des causes de charité. Et quand il n’est pas engagé dans une cause, il est sur nos écrans de cinéma. Après le très remarqué ‘Imitation Game’, l’increvable Benedict Cumberbatch rejoint la famille Marvel sous les traits du Doctor Strange. Et avec tout ça, il a quand même trouvé le temps de papoter un peu avec Metro.

 

 

Étiez-vous familier avec Doctor Strange avant que Marvel vous contacte, ou avez-vous découvert le personnage en préparant le film ?

J’ai complètement découvert le personnage en préparant le film. Mais en fait, il se trouve qu’il y a quelques années, bien avant que Marvel ne m’appelle, un journaliste m’avait parlé du personnage, je ne sais plus pourquoi. Donc j’étais au courant de son existence sans vraiment le connaitre. Et dans mes amis, ceux qui connaissent l’univers comic et cinématique de Marvel mieux que moi m’ont dit : ‘C’est un super personnage à jouer, tu devrais y penser’. Donc c’est ce que j’ai fait ! »

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Stephen Strange est un personnage ambivalent et complexe. C’est aussi ce qui vous a attiré dans le rôle ?

Oui, c’est un personnage complexe et attirant à jouer pour un acteur. Au début du film c’est quelqu’un de très égoïste, très matérialiste, arrogant… Il a le super appart’, la super bagnole, mais personne avec qui les partager. Il n’y a pas beaucoup de profondeur ou d’amour dans sa vie. Jusqu’au moment où il son monde éclate en morceaux, littéralement : physiquement, avec cet accident de voiture, et mentalement aussi. Il va être complètement détruit, et va se reconstruire en super-héros. Ce bouleversement va lui apporter de l’empathie, et j’espère que du coup le public en aura aussi pour lui. C’est plutôt fun comme façon fun d’entrer dans un Marvel, donc oui, j’étais très attiré par cet aspect-là.

Pour combien de films avez-vous signé ?

Oh, je ne sais plus (rires). Disons qu’il y en aura plus qu’un seul !

Difficile de ne pas voir des similarités entre votre personnage de Sherlock et celui du Doctor Strange, surtout dans la personnalité : ils sont tous deux aussi brillants qu’arrogants… 

Oui, je pense qu’ils souffrent tous les deux d’une forme d’obsession pour leur boulot, ils sont très fermés sur eux-mêmes…

Mais d’un point de vue physique, comment les différenciez-vous ?

Eh bien, Doctor Strange a l’accent américain (rires). Il marche aussi de façon très différente que Sherlock, ses mouvements sont plus fluides, il a une carrure plus épaisse… C’est un homme plus robuste, dans le sens conventionnel du terme. Sherlock est fort aussi, mais de façon plus inattendue (sourire). Et c’était important pour moi. Pas juste l’accent, mais tout le travail de réorientation culturelle : jouer un héros dans cette culture [américaine, NDLR], c’est une grande responsabilité, aussi grande que le personnage lui-même. Donc j’ai pris ça très au sérieux, j’ai travaillé très dur. J’adore ce genre de challenges.

Vous avez suivi un entraînement physique intense pour le film…

Oui, je m’entraînais tous les jours, sinon un jour sur deux. En plus c’était pendant une période très intense de ma vie : à côté il y avait les cours de kung-fu, les réunions de tournage… et le soir, après 1h30 d’embouteillages, je jouais Hamlet au théâtre pendant trois heures, avant de rentrer chez moi auprès du nouveau-né… où là, de toute évidence, le superhéros c’était ma femme (rires) (il a épousé l’an dernier la metteuse en scène de théâtre Sophie Hunter et leur fils est né fin 2015, NDLR). Donc oui, je me devais d’être en forme, ne serait-ce que pour rester en bonne santé. L’entraînement, ça te donne une force de base que tu réinjectes après dans tout ce que tu fais.

Dans le film, Doctor Strange perd l’usage de ses mains, et sa carrière de chirurgien est par conséquent réduite en miettes. Si un jour vous ne pouviez plus être acteur, vers quoi vous tourneriez-vous ?

Si je perdais ma voix et que je pouvais quand même utiliser le reste de mon corps, je me tournerais vers la danse ou la musique, je pense. La guitare, le piano… Ou les beaux-arts : je dessine un peu, mais ça fait longtemps que je n’ai pas pratiqué.

Donc vous resteriez dans l’artistique ? Vous êtes aussi très engagé dans des œuvres de charité et des questions sociales (il s’est notamment prononcé pour la cause des migrants dans les médias britanniques, NDLR)

J’aimerais avoir plus de temps pour faire ça, oui. Me rendre sur le terrain, par exemple. Mais c’est quelque chose que j’essaye aussi de faire via mon métier d’acteur, notamment en parlant publiquement de ces choses. Ça permet, j’espère, de reporter cette attention sur les gens qui travaillent effectivement dans ces secteurs : médecins, charités…

Doctor Strange est très matérialiste et rationnel au départ, et puis les événements qu’il va vivre vont le transformer. Et vous, où vous situez-vous en termes de spiritualité ?

Je pratique la méditation, c’est un outil pour moi, pour essayer d’être une meilleure personne, de faire mieux mon travail. Etre capable de me concentrer quand on crie ‘action’, par exemple… Un des messages du film, c’est que votre esprit a le pouvoir de transformer votre réalité, et je pense que c’est aussi vrai dans la vie. Après, chacun a une réalité différente, et elle est parfois très dure, surtout au vu de tout ce qui se passe dans le monde… Mais je pense vraiment qu’il est possible de trouver un havre de paix à l’intérieur de soi. Et si ça peut vous apporter un peu plus de courage, d’empathie et de compréhension, ça ne peut que faire du bien à vous, et aux gens autour de vous.

Et au fait, ‘Sherlock’ ça reprend quand ?

On a tourné les épisodes cet été, ils sont dans la boîte, donc ça sortira quand ça sortira !

DOCTOR STRANGE

De Scott Derrickson avec Benedict Cumberbatch , Chiwetel Ejiofor , Mads Mikkelsen, Rachel McAdams… Durée : 1h55. Sortie Belgique : 26 octobre 2016

Telles des poupées russes se déclinant à l’infini, les héros de l’univers Marvel se suivent et ne se ressemblent pas. Après Captain America ou Thor, c’est au tour du Docteur Strange de passer du papier au grand écran, sous les traits de Benedict Cumberbatch. Avant d’être le Sorcier Suprême, Stephen Strange était un chirurgien new-yorkais aussi talentueux que prétentieux (tout comme Sherlock, que Cumberbach incarne avec brio sur la BBC). Jusqu’au jour où un accident de voiture réduit ses mains et sa carrière en bouillie. Ce film est son ‘origin story’, autrement dit il nous apprend comment le héros a acquis ses pouvoirs. Notamment en empêchant la Terre de basculer du côté obscur de la f… pardon, dans la Dimension d’Ombre. Le rapprochement avec Star Wars n’est pas un hasard : de ‘L’Empire Contre-Attaque’ à ‘Matrix’ en passant par ‘Inception’, ou ‘Les Gardiens de la Galaxie’, le film déborde de références et de clins d’oeil. Notamment dans les effets visuels kaléidoscopiques (attention au mal de mer) qui nous embarquent dans l’univers psychédélique du film dès la première scène (et qui pour une fois justifient la 3D !) Pas le temps de s’ennuyer entre les montagnes russes pour les yeux, les scènes d’action attendues, et l’humour malicieux du film, qui a un très bon sens du timing. Ah, et mention spéciale à Tilda Swinton et son look de prêtresse des Arts Martiaux : une féminisation de personnage plutôt bienvenue.

Crédit photo : Disney Belgique

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