Si on peut dire que Buenos Aires est une ville qui a le dos tournĂ© Ă la mer, Ă Montevideo c’est facile d’avoir les pieds dans l’eau. Du centre-ville Ă la Playa RamĂrez, il n’y a qu’un pas – allez, deux si tu fais ça Ă pied en longeant la rambla et ses flĂąneurs. Mais ça va encore plus vite Ă vĂ©lo, ou mĂȘme en trottinette Ă©lectrique – le nouveau plan dĂ©placement qui fait fureur (pendant trois jours on s’est dit qu’on devait tĂ©lĂ©charger l’appli, et puis…). Playa RamĂrez et Playa de los Pocitos se tournent le dos : la premiĂšre est petite et populaire, aux abords du Parque RodĂł, on y croise des ados qui vont au Macdo, il y a pas loin un stade de foot dont on entend l’Ă©cho, micros qui grĂ©sillent, thermos de matĂ© et gamins qui frĂ©tillent, parc d’attraction avec grande roue qui tourne au fond. La seconde est plus ample et plus longue, bordĂ©e de grands grands immeubles aux baies vitrĂ©es chic, elle se termine sur un hĂŽtel Ă©toilĂ© et le cĂ©lĂšbre signe oĂč le nom de la ville s’Ă©tend en toutes lettres, perchoir Ă selfies prĂ©fĂ©rĂ© des visiteurs – on s’y est Ă©videmment pliĂ© sans se faire prier. Mais une seule des deux a une vue imprenable sur le soleil qui se couche : aux alentours de vingt heures, les pieds dans le sable et le joint allumĂ© (lĂ©gal s’il vous plaĂźt), on a dit au revoir Ă la journĂ©e en train de se terminer. Quand le dernier rayon a disparu Ă l’horizon, spontanĂ©ment, tout doucement, se sont Ă©levĂ©s des applaudissements. Il n’y a qu’Ă Santorin, aux fameux coucher de OĂa que j’avais dĂ©jĂ vu ça. Un salut collectif des humains au spectacle que la nature dĂ©ploie, un moment suspendu, un moment de joie.

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