notes de voyage – Mendoza

Il y a quelques années, quand je débutais dans le journalisme ciné, j’avais fait des interviews pour un joli petit film français sur deux frères paumés en Argentine. Ça s’appelait « Mariage à Mendoza », et c’est la seule référence que j’ai quand j’atterris dans cette ville de l’ouest du pays, à quelques heures de la frontière avec le Chili. Première info de base : avec ses ceps de vigne qui t’accueillent dès l’aéroport, et le mot Malbec sur tous les palais, tu apprends vite qu’à Mendoza le vin est une spécialité. La visite des bodegas et la dégustation des crus locaux c’est donc un peu un passage obligé. Et c’est pas parce qu’on se les gèle en juillet que les cépages sont morts de froid : la guide n’a pas hésité à faire craquer les branches sous ses doigts, pour nous montrer qu’il sont encore pleins d’humidité. Et quand le temps des vendanges sera arrivé, chez Domiciano ils nous ont appris qu’ils sont parmi les rares à le faire de nuit : c’est une façon d’améliorer la qualité et d’éviter l’oxydation. Après la visite théorique, les verres à pied nous attendaient pour mettre tout ça en pratique. Trois crus différents dans le bide avant le repas de midi : c’était un défi d’enfourcher le vélo après sans tituber. Mais je l’ai relevé.

Mendoza, Bodega Domiciano, 2019

Exit la civilisation, place aux expéditions. Après avoir battu le pavé du centre-ville, de la Plaza Independencia à la calle Arístides où siègent tous les bars notoires, le deuxième truc inratable quand t’es à Mendoza, c’est la Cordillera. On a opté pour le circuit classique, baptisé Alta Montaña : réveil avant l’aube direction les sommets, pour voir le soleil se lever sur les cimes enneigées. À travers la vitre d’abord, puis en vrai, de plus en plus près. Hors de question de les grimper hein, chuis pas devenue sportive – et encore moins par zéro degrés. Mais difficile de ne pas être impressionnée. Éternelles et impassibles, majestueusement dressées, je pense à tous les petits humains que ces montagnes ont vu passer pendant des siècles d’affilée, tandis que j’enfile mes bottes de ski de location pour éviter une amputation des pieds.

On dirait pas comme ça, parce qu’on était déjà à trois mille mètres d’altitude, mais la petite colline dressée là, c’est le plus haut sommet de toute l’Amérique. Eh ouais, même les Yankees et leur Denali en Alaska n’arrivent pas aux 6900 mètres de l’Aconcagua. Reconnaissable hiver comme été grâce à sa pointe blanche éternelle, ancien lieu de passage des Quechuas, on s’est arrêtés sur la route pour le saluer. Méga respect aux courageux qui chaque année entreprennent le voyage pour le monter.

Aconcagua

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