𝐍𝐹𝐭𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐯𝐹đČ𝐚𝐠𝐞 – đ‚đšđ«đ­đšđ đžđ§đš

Cartagena, ton petit cul lavĂ© poudrĂ© et parfumĂ© remue avec grĂące dans les rues colorĂ©es. Bleue rose blanche, jaune turquoise ou fuschia, indolente et imprenable, tu brilles de mille feux sous la chaleur de plomb. Constructions cossues et coloniales, restos aux noms chic et hĂŽtels climatisĂ©s, jus de citron vert et odeurs de poisson grillĂ©. Entre tes remparts fiĂšrement dressĂ©s face Ă  la mer tiĂšde, on croise des jupons en soie, des ongles vernis et des calĂšches en bois, on entend le galop des chevaux et les klaxons incessants des autos, et les propositions ambulantes se disputent l’attention des voyageurs dans une danse incessante. Taxi ou tresses, massage ou cigares, bijoux ou chapeaux, dĂ©sirs et dĂ©sordre, jet set et peaux tannĂ©es.


CarthagĂšne, petite forteresse bien maquillĂ©e, belle comme une pub pour du parfum, propre comme un village Disney, oĂč j’ose Ă  peine allumer une clope de peur qu’on vienne me dire qu’on n’a pas le droit, luxueuse et lisse tant qu’on reste dans tes murs, sĂ©duisante et crispante Ă  la fois. Je te laisse mes derniers moments sur le continent, faits d’ivresse et de sel, d’eau turquoise et de quelques piĂšces de monnaie que je ne changerai pas. Je te laisse mes Ă©couteurs oubliĂ©s, des fruits et les briquets que l’aĂ©roport m’a confisquĂ©s. Je laisse aussi un peu de mon amour derriĂšre, je te laisse un ĂȘtre humain souriant et plein de lumiĂšre, prends bien soin de lui tant qu’il est lĂ , mais rends-lui la route facile pour quand il rentrera.


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