Dimi

publié sur instagram, avril 2020

« Mais je ne vous ai pas demandé de petit frère, moi ! Qu’on le donne à manger aux loups ! » Il paraît que j’ai prononcé cette phrase quand j’ai appris que je n’allais plus être la seule créature féerique à peupler le royaume de PapaMaman. J’avais deux ans et demi donc je ne me souviens évidemment pas l’avoir prononcée, mais je me souviens du regard hargneux qu’il me lançait après, chaque fois que les parents racontaient cette anecdote en rigolant. « Sympa, merci Elli. » On a fini par apprendre à coexister dans la même chambre avec cet être à qui je n’avais rien demandé, grâce à une séparation stricte de territoire entre ses Tortues Ninja nulles et mes super poupées. J’étais l’aînée petite fille modèle, il était le cadet rebelle. Je prenais mille poses devant l’objectif maternel, lui fronçait les sourcils pour l’éviter. Moi première de classe serre-tête jupe plissée, lui frondeur au ballon rond et bonbons piqués au supermarché. Chaque gorgée de Coca en trop, chaque carré de chocolat non équitablement distribué, chaque jouet abandoné hors du territoire autorisé était prétexte pour le conflit de l’année. Passion délation, hurlements et lamentations.

L’adolescence, un déménagement, un nouveau lycée, deux chambres séparées. Les changements de repères ont apporté de l’apaisement. On a appris à coexister sans se rentrer dedans. On s’est rappelés de tous les forts à base oreillers qu’on avait construits, de toutes les histoires d’horreur qu’on s’est racontées, des dizaines d’anniversaires passés. On a combattu lors d’épiques batailles d’eau, caressé les mêmes animaux pour la première fois, rigolé aux mêmes dessins animés. On a appris à se prêter des choses et se les rendre sans les abîmer. À se conseiller mutuellement, se confier, se comparer, se charrier, partager une clope et parler de nos parents. 

Aujourd’hui mon frère, c’est mon meilleur ami. Je n’imagine pas ma vie sans pourvoir la lui raconter, sans lui envoyer le dernier film qui m’a émue ou le dernier mème qui m’a fait marrer. Sans lui demander son avis. Je n’imagine pas ne pas savoir ce qu’il fait de la sienne, de vie, et je suis fière de tous ses projets – aujourd’hui il publie des livres, hier encore il gribouillait dans les marges des cahiers. 


Aujourd’hui, c’est son anniversaire. Et dire qu’il n’est même pas sur Instagram pour lire ça, ce gros naze. 
Joyeux 31 ans, Dimi 💜

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