J’ai pas envie de parler
J’ai pas envie de manger
J’ai pas envie de bouger
Je suis hagarde
harassée
hébétée
Tout ça fait bien plus mal que je ne l’aurais pensé
Tout ça n’était pas censé
Ça fait longtemps que je ne l’avais plus ressentie
Je ne m’y attendais pas
Cette tristesse là
Cette douleur là
Qui appuie à gauche dans ma poitrine
dans un coin du cœur
Au plus fort des sanglots
Au pic des pleurs
Elle arrive comme une vague
Elle me soulève
me submerge
Je me noie
Puis je remonte à la surface
Je me sèche
Je pense à autre chose
Je me divertis, j’oublie
Juste assez
Puis au détour d’une pensée
Elle résonne, elle remonte
Elle revient me chercher
Alors je me force un peu
À penser et faire autre chose quand je peux
Je sais qu’au fond je n’en ai pas envie
J’ai pas envie de parler
J’ai pas envie de manger
J’ai pas envie de bouger
Je veux juste fumer regarder dans le vide et penser à lui
À cette histoire et tout ce qui s’est passé
Pour qu’aujourd’hui j’écrive dessus au passé
Mais je me force un peu
À donner du répit
À mon esprit et à mes yeux
Je sais que mon salut tient à ça
Pas besoin de replonger
Je sais que la vague reviendra
Quoi qu’il en soit,
Au-delà et malgré toute hiérarchie ou ancienneté
Malgré tout ce que j’ai tenté de minimiser
Pendant plusieurs mois
La relation la plus intime,
la plus régulière,
la plus pétillante, la plus passionnée
Dans mon quotidien immédiat
C’était toi.
Ça m’apaise de me dire
Que je ne dois rien forcer, effacer, réprimer, compresser
ce n’est pas forcément le deuil que je croyais
Ça me console de me dire
Que de mon côté
Je peux continuer à t’aimer.
J’ai lu sur insta
« la douleur que tu ressens c’est de l’amour qui refuse de s’éteindre »
Pas besoin de forcer
Il brûlera tant qu’il voudra





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