(aïe)(étapes du deuil romantique)

J’ai pas envie de parler

J’ai pas envie de manger 

J’ai pas envie de bouger 

Je suis hagarde

harassée

hébétée

Tout ça fait bien plus mal que je ne l’aurais pensé

Tout ça n’était pas censé

Ça fait longtemps que je ne l’avais plus ressentie 

Je ne m’y attendais pas 

Cette tristesse là 

Cette douleur là 

Qui appuie à gauche dans ma poitrine 

dans un coin du cœur 

Au plus fort des sanglots 

Au pic des pleurs 

Elle arrive comme une vague

Elle me soulève

me submerge

Je me noie

Puis je remonte à la surface 

Je me sèche 

Je pense à autre chose

Je me divertis, j’oublie

Juste assez

Puis au détour d’une pensée

Elle résonne, elle remonte 

Elle revient me chercher

Alors je me force un peu

À penser et faire autre chose quand je peux 

Je sais qu’au fond je n’en ai pas envie

J’ai pas envie de parler

J’ai pas envie de manger 

J’ai pas envie de bouger 

Je veux juste fumer regarder dans le vide et penser à lui

À cette histoire et tout ce qui s’est passé 

Pour qu’aujourd’hui j’écrive dessus au passé 

Mais je me force un peu

À donner du répit 

À mon esprit et à mes yeux 

Je sais que mon salut tient à ça 

Je sais que la vague reviendra

J’ai pas besoin de replonger

J’ai lu sur insta

« la douleur que tu ressens c’est de l’amour qui refuse de s’éteindre »

Peut-être que j’en avais davantage que je ne le pensais 

Peut-être que ça va me passer 

Bien sûr je m’en remettrai 

Je sais qu’un jour je ne serai plus triste 

Et je suis triste à cette idée 

Mais je sais 

Je l’ai déjà ressenti 

Je l’ai déjà dit 

C’est déjà arrivé 

Je repense à cette dernière très courte dernière nuit à Cannes

Submergée de fatigue, à moitié endormie

Mais j’ai entendu ces mots que tu m’as dits. 

Ils m’ont accompagnée et m’émeuvent beaucoup encore aujourd’hui

Et même si je ne me sentais pas capable d’y répondre

Et même si nos situations et nos circonstance furent différentes

J’espère que tu sentais tout ce que je sentais pour toi aussi.

On était quoi au final toi et moi

On n’a jamais mis les mots dessus vraiment 

On n’était peut-être pas un « vrai » couple 

Mais tout ça fait mal comme une vraie rupture 

Un petit chagrin d’amour

Mais un chagrin quand même

Mais de l’amour quand même.

///

Je suis encore fâchée 

De la rapidité avec laquelle c’est arrivé

Je suis encore fâchée 

Encore triste de ça 

Je ne digère pas

Qu’un an et demi de relation 

Soit conclu par

Trois heures et deux verres de vin dans un bar 

Même si on s’est pris dans les bras

On aurait mérité plus que ça

Je suis triste pour nous 

Qu’on n’ait pas eu une une nuit 

Putain de punaises de lit 

Dormir ensemble encore une fois

Me blottir contre toi

Sentir tes bras ta peau sur moi

Se dire au revoir comme ça 

C’est pas juste 

La vie est comme ça je sais

J’ai encore du mal à l’accepter

Même si je nous revois ce soir là 

On a marché vers le métro ensemble du même pas pressé

On n’avait pas d’envie pressante de rester 

On pensait dîner chacun de son côté 

On allait dormir chacun de son côté

On s’est dit au-revoir dans le métro

Ça nous allait 

Aujourd’hui je suis triste de ne pas avoir voulu te rattraper

///

Je me questionne sur la hiérarchie

Que j’ai pu (in)consciemment instaurer 

T’ai je fait ressentir un seuil infranchissable  

Entre nous et les possibilités 

Ou juste le fait d’une autre présence était-il un frein  

Est-ce quelque chose qu’on avait, ensemble, tacitement décidé

 

Quoi qu’il en soit, 

Au-delà et malgré toute relation de hiérarchie ou d’ancienneté 

Malgré tout ce que j’ai peut-être tenté de minimiser

Pendant plusieurs mois 

La relation la plus intime, la plus régulière, la plus pétillante, la plus passionnée 

Dans mon quotidien immédiat 

Ça a été toi

 

Il y avait lui en toile de fond, stable rassurante en béton 

Et puis la passion avec toi, les hauts et les bas, et toutes les émotions, 

Mais aussi l’hésitation, l’indécision 

Un décalage que je ressentais parfois

Qui me faisait reculer 

Dans mes mots ou mes pensées 

Qui n’était pas je crois lié à l’existence de quelque autre personne que ce soit 

 

(Entre lui et moi 

La plus gentille des deux c’est moi 

Entre toi et moi

Le plus gentil des deux 

C’est toi)

La douleur vient aussi je crois

De l’imprévu et de l’impensé ;  

Dans notre façon de relationner

A tort ou à raison,

Sans vraiment anticiper

J’avais pensé ce lien ouvert des deux côtés  

Pour savoir si cette fermeture

est temporaire ou pas 

À toi de savoir qui tu es au fond de toi

Si cette façon qu’on a explorée de tisser des liens

te convient

ou si c’était une parenthèse enchantée

Parce qu’en fait 

Pour moi ça ne change rien

Pour ma part 

La porte n’est pas fermée 

Il y a encore une place dans mon cœur 

et dans mon lit 

pour toi 

En ce sens, 

Ça m’apaise de me dire 

Que je ne dois pas renoncer à ce que je ressens

Je ne dois rien forcer, effacer, réprimer, compresser 

ce n’est pas le deuil que je croyais 

Ça me console de me dire 

Que de mon côté  

Je peux continuer à t’aimer.

 

(et toi aussi en fait 

à ta manière, 

si tu le souhaites ) 

/

J’ai lu sur insta  

« la douleur que tu ressens c’est de l’amour qui refuse de s’éteindre » 

Mais y a pas besoin de le forcer à s’éteindre en fait 

Il brûlera tant qu’il voudra

Il s’éteindra tout seul 

ou pas 

 

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